Monsieur Napoléon Louis Romain BLONDET est né le 1 er février 1861 à Saint-Lothain dans le Jura, fils de Placide Edouard BLONDET et de Yosephte Victoire GRENOT. Son père, brigadier forestier à Saint-Lothain, mais originaire de Nans du canton de Nozeroy, fixe domicile, de par son mariage, à Saint-Lothain. Devenus cultivateurs, puis boulangers – épiciers, ses parents acquièrent une situation aisée. Dispensé du service national, comme fils unique de veuve (son père décédé le 13 avril 1881), Romain BLONDET, devenu employé des contributions indirectes à Poligny en 1880 se fait muter en 1885 à la Martinique. Il habite au n° 196 de la rue Victor Hugo à Saint-Pierre. Il revient à Saint-Lothain en décembre 1889, et repart après son congé, au mois de septembre 1890, à Saint-Pierre en Martinique. Il réside à Fort de France en 1907.
Il hérite par succession de ses parents, en 1882 et 1910, la quasi-totalité de leurs biens.
Il était ancien Président de la Chambre de Commerce de Fort de France, négociant à Fort de France, ancien administrateur de la Banque de la Martinique, ancien Conseiller du commerce extérieur de la France, officier de l’Instruction Publique.
Il aime se reposer à Saint-Joseph dont il apprécie le climat sain. De son vivant, il accorde un prêt à la commune pour lui permettre d’exécuter les premiers travaux d’amélioration du bourg.
Par son testament olographe du 27 juin 1910, déposé le 31 janvier 1917 aux minutes de M e Debuc, notaire au Lamentin, il lègue à la
Colonie :
- 1. La nue propriété de divers titres dont la réalisation devait être effectuée au décès de toutes les usufruitières et le produit affecté à la construction d’un asile de vieillards (pour les plus de 70 ans et les incurables ou infirmes de plus de 50 ans).
- 2. La moitié d’un reliquat de sa fortune (après paiement de divers legs particuliers et charges) qui devait être employée à la construction d’un hôpital général à créer sur le territoire de la commune de Saint-Joseph, l’autre moitié de la succession étant attribuée à la commune de Saint-Lothain. L’asile, selon les vœux du généreux donateur, doit être établi à Saint-Joseph sur un point pas trop éloigné du bourg. Une condition à ce legs : que les portraits du père, de la mère du donateur et de lui- même soient placés dans le parloir de l’établissement. Un souhait : que cet asile soit confié à des religieuses.
Outre la construction à Saint-Joseph d’un hôpital général et d’un asile de vieillards, Romain BLONDET souhaitant être enterré à Saint-Joseph aurait consigné 3 000 Francs pour la construction d’un caveau dans le cimetière de la commune. « Son legs réalisé par la Colonie, cette somme n’a jamais été remise à la commune ni celle de 2 000 Francs qu’il avait également léguée pour continuer l’achèvement de
l’église ».
Le Conseil Général, au cours de sa séance du 2 mars 1920, accepte le legs Blondet et vote en mai 1932, 100 000 Francs pour participation audit legs. 90 000 Francs servent à acheter au chanoine Tostivint le terrain de l’ancien presbytère en souvenir des moments que Romain BLONDET y passa en compagnie de son ami l’abbé Jourdan. En 1936, la réalisation des titres et valeurs légués rapporte 600 000 Francs qui permettent de passer marché, en juillet, avec Roland Haller pour la construction des bâtiments de la fondation Blondet.
La construction de l’Etablissement a commencé en 1936 et la mise en service a eu lieu en 1938 en pleine querelle entre le Docteur Maurice et le Maire Georges Brisfer. Le premier, médecin légiste de la colonie, médecin de l’Assistance publique à Saint-Joseph et opposant politique au second va, avec l’appui du Gouverneur, s’y installer comme médecin. Et ce, en dépit de l’hostilité du Conseil Municipal et de plus de 6 000 joséphins qui apportent, dans une pétition, leur soutien au Maire. En 1964, un service de maternité voyait le jour mais devait être fermé en 1978, à cause de la baisse de la natalité et de l’absence de plateau technique.